Christine Angot

Christine Angot

Journal de festival à Avignon

20 juillet

J'ai vu vingt minutes du Roi Lear hier à la télé, je ne crois pas que je vais y aller...

Tu devrais !

Celle qui venait de parler m'a regardée fixement, le visage presque grave, elle a fait peser un petit silence, quelques secondes. Puis a redit :

Tu devrais.

Elle finissait de déjeuner avec des amis, ils en étaient au café, elle a posé sa tasse :

Oui, tu devrais.

Elle s'est tue de nouveau. Nous étions en terrasse. Elle était au centre de l'attention, le visage concentré, serré, elle a redit devant mon air interloqué :

Tu devrais.

Sur le ton de la remontrance.

J'ai pensé qu'elle disait ça parce que les spectacles il faut les voir, ne pas parler sans savoir. Le ton était sec, le regard fixe, les lèvres tremblaient presque.

Je devrais ? Pourquoi je devrais ?

Tu devrais. Oui. Pour voir l'agression qui est faite à l'idée même de théâtre.

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Nos livres

À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé