Christa Wolf

Christa Wolf

Beaucoup de lecteurs de Médée , des critiques aussi, ont trouvé qu'avec ce livre il fallait enregistrer une disparition de l'utopie. Ils justifient leur opinion par la malédiction que lance Médée, à la fin, contre tous ceux qui l'ont humiliée, et par sa résignation à la solitude, à l'absence d'un monde où elle pourrait avoir sa place. Mais pour moi cette réaction de Médée représente déjà une victoire de l'humain. Médée n'apparaît pas, dans l'imprécation finale que je lui prête, comme un personnage cynique. À mes yeux, c'est le cynisme qui serait la perte complète de l'utopie. Alors on ne croit plus à rien, plus rien n'a de sens, même pas celui de rester humain, de se comporter humainement. Aussi longtemps qu'on se considère comme appartenant à l'humanité, et qu'on agit en être humain, on ne renonce pas à l'utopie. Du moins, à condition d'entendre le mot en dehors de toute idéologie.

L'expérience a montré que les utopies disposent d'un pouvoir de séduction ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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