Chiffrer sa vie sous des grilles de lettres

Chiffrer sa vie sous des grilles de lettres

Des poèmes se présentant comme des carrés de onze lettres sur onze, entre autres contraintes : tel est le principe d' Alphabets. Simples jeux de mots ? Des maux cryptés bien plutôt.

« C'est comme dans un roman policier, à partir du moment où vous connaissez le coupable, cela n'a pas d'intérêt », disait Perec (1). L'auteur de La Disparition parlait de la contrainte, qui pourtant l'avait rendu célèbre. La virtuosité du manieur de mots, de son vivant, était ce qui venait d'abord à l'esprit quand un livre paraissait. Perec, dans cette remarque, expose un risque : que la contrainte capte l'intérêt du lecteur, qu'elle l'empêche de lire. Ainsi trouve-t-on ce commentaire : « Dans Alphabets, les lecteurs n'ont pratiquement jamais lu les poèmes comme des poèmes mais comme des exploits et ça c'est très gênant (2). » Parue en 1976, cette série de « onzains hétérogrammatiques » a été d'emblée reçue comme un Everest d'habileté formelle.

La difficulté même de composition semblait inaccessible, au point que, comme il le fait remarquer, la plupart de ceux qui eurent en main ce livre infaisable se bornaient en général à ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

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