Chez Pasolini, l'échappée de l'ange et du poète

Chez Pasolini, l'échappée de l'ange et du poète

La version du mythe par le cinéaste Pier Paolo Pasolini est inscrite au bac, aux côtés de la pièce de Sophocle. Une allégorie entre autres de l'enfance perdue, qui ne va pas sans accents politiques.

L'épilogue d'Œdipe roi de Pasolini, qui opère un retour à la temporalité contemporaine du prologue, après la longue plongée antique et mythique de la partie centrale, s'inspire de l'Œdipe à Colone de Sophocle, qui raconte l'errance d'Œdipe aux yeux crevés, guidé par sa fille Antigone. Mais, chez Pasolini, Œdipe et Jocaste n'ont pas d'enfants, et c'est « Angelo », interprété par Ninetto, qui accompagne l'aveugle sur les routes. En vertu de la dimension autobiographique revendiquée du film, la relation filiale est remplacée par une suggestion homoérotique - rappelant le lien qui unit Pasolini et Ninetto Davoli depuis leur rencontre en 1962 sur le tournage de La Ricotta. Mais c'est surtout toute une mythologie incarnée par Ninetto dans ses différents rôles pasoliniens qui se déploie ici et donne son sens à ce finale.

La première apparition de Ninetto dans Œdipe roi fait directement signe vers sa première apparition au cinéma, un enfan ...

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