Chez Pascal, le pari du jeu

Chez Pascal, le pari du jeu

Pour l'auteur des Pensées, le monde est seulement régi par le hasard et l'arbitraire, que le divertissement nous aide à oublier : si lucide soit-on à ce propos, il faut, selon lui, consentir à être en permanence un joueur - sans quoi on risque de tout perdre.

Pascal ne dédaignait pas la compagnie des joueurs. Ses relations avec le chevalier de Méré sont notoires. Elles ont nourri sa méditation sur l'esprit de finesse et l'ont engagé dans des recherches mathématiques originales. Nul ne l'ignore : c'est à la requête de ce joueur, pour régler des embarras bien concrets surgis à la table de jeu, que Pascal établit la règle des partis et jette les premiers fondements de la nouvelle science des probabilités.

Dans son oeuvre philosophique et morale, qui passe communément pour sérieuse, sombre, tragique, le jeu est omniprésent. La question même de Dieu surgit selon la logique d'un pari. « Dieu est, ou il n'est pas. Mais de quel côté pencherons-nous ? [...] Il se joue un jeu, à l'extrémité de cette distance infinie, où il arrivera croix ou pile : que gagerez-vous ? » L'argument est célèbre. Il a fait scandale dès la première parution des Pensées, en 1670. Peut-on étendre de la sorte le domaine du jeu, jusqu'à y intégrer l ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

Nos livres

À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

MAI :

► Roberto Bolaño, et de deux : en complément de l'ensemble « Il faut relire » consacré à l'écrivain

► Entretien avec Jacopo Rasmi : avec Yves Citton, il signe l'essai Générations collapsonautes