Chez Dostoïevski, un vice de fabrication

Chez Dostoïevski, un vice de fabrication

Les héros dostoïevskiens ont le sentiment de vivre dans une immense farce. Ce ne sont pas eux qui sont pervers, mais le monde entier, ramené à un tissu de simulacres bouffons. Cette hantise de la pacotille et de la contrefaçon contamine le style de l'écrivain lui-même.

Commentant La Divine Comédie, Witold Gombrowicz fait la remarque suivante : « L'enfer est une entreprise ratée. Le mal absolu doit être "mauvais" dans son être également. Le mal voulant le mal ne saurait se réaliser "bien", pleinement. L'homme "mauvais" commet un acte mauvais - tuer son voisin, par exemple - mais, pour lui, ce mal est un bien ; il ne le commet pas parce que c'est mal, mais parce que, pour lui, c'est bien, et il veut le faire "bien". Mais Satan veut le mal, uniquement le mal, il ne saurait vouloir le bien : aussi bien, tant qu'à être Satan, il veut l'être "mal". L'enfer est une chose mal réalisée. Il est vicié dans son être même. Il est de pacotille (1). »

Dostoïevski illustre parfaitement l'intuition de Gombrowicz. Dès ses premiers textes, de piteux histrions apparaissent sous sa plume : c'est « Le bouffon » (sa première nouvelle), ou le M. Goliadkine du Double, pitre aux malheurs ridicules et monstrueux. L'expérience du ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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