Chez Colette, la cité des femmes

Chez Colette, la cité des femmes

Durant la Première Guerre, la résidence parisienne de l'écrivaine devient un phalanstère féminin où les sentiments et les sens, les amours et les amitiés s'épanouissent. À travers le portrait des complices affranchies de Colette, Dominique Bona fait aussi celui de l'auteur du Blé en herbe et d'un espace-temps singulier : le Paris de l'été 1914. Alors que les hommes sont partis au front, la capitale devient essentiellement féminine.

Dans l'hommage de Dominique Bona à Colette, il y a beaucoup d'éclats de rires, d'odeurs de cuisine, de draps parfumés, de bonds de félins d'appartement, et la présence du fantôme de Mallarmé - dont Marguerite Moreno fut la confidente. On perçoit tout cet univers grâce à la magie littéraire de la biographe, qui semble être une envoyée spéciale revenue d'un reportage. Contrairement à ce que peut laisser penser le titre, Colette et les siennes, l'ambiance est davantage celle d'un phalanstère avec des femmes sublimes qu'un lupanar pour lesbiennes dévergondées. Nous sommes au coeur d'un hymne à la liberté des sentiments et des sens. Il n'y a aucune barrière. On s'aime parce qu'on s'aime, et non parce qu'on est des femmes qui s'attirent. Personne ne joue le rôle de l'abeille, tout le monde est la fleur. On ne vole pas, on ne prend pas, on donne, c'est tout. Colette n'avait aucune inhibition depuis qu'elle avait participé à de médiocres spectacles pour gagner sa vie. Ses amies vou ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard