Charles Robinson, ma cité va bruisser

Charles Robinson, ma cité va bruisser

Un réseau d'intrigues, de personnages et de langages donne forme avec vigueur, sans l'idéaliser, à une cité HLM de banlieue. Nulle complaisance, mais parfois un brin de schématisme et de fatalisme.

En littérature, l'amour n'est jamais sans condition : apprécier un roman, reconnaître ses qualités ne revient pas à souscrire à toutes les idées qui le sous-tendent. Ainsi le sombre Fabrication de la guerre civile, dont le titre dit la portée pratique plutôt que prophétique : à le lire, la guerre civile entre les cités - ces fameuses zones de non-droit, de non-culture, de non-citoyenneté - et le reste de la France a déjà commencé, et l'auteur livre les éléments par laquelle elle se construit tous les jours.

Les cités, donc. Ce roman permet au lecteur, bien assis dans son fauteuil, de passer de l'autre côté des clichés pour saisir la réalité - indubitablement violente et néanmoins complexe - d'un ensemble HLM : les bien nommés Pigeonniers. L'auteur connaît ce monde, ce qui lui permet de le montrer de l'intérieur, en faisant fi des figures imposées par l'actualité - ici, pas de salafisme rampant - et en adoptant de forts partis pris : l'origine des protagonistes ou le ...

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