Charles R. Maturin. Ballade du damné

Charles R. Maturin. Ballade du damné

« Un bond en avant dans l'évolution du récit macabre », c'est ainsi que H. P. Lovecraft définit, en 1927, dans Épouvante et surnaturel en littérature, le mythique Melmoth de Charles R. Maturin, l'un des plus abyssaux « trous noirs » du romanesque gothique, paru en 1820. Le roman marquera le jeune Balzac et arrachera, plus tard, ce cri à Baudelaire : « Souvenons-nous de Melmoth, cet admirable emblème. Son épouvantable souffrance gît dans la disproportion entre ses merveilleuses facultés, acquises instantanément par un pacte satanique, et le milieu où, comme créature de Dieu, il est condamné à vivre. » Méfions-nous néanmoins de Melmoth : cet arbre foudroyé masque en effet une futaie romanesque tout aussi inquiétante, un destin d'auteur peu commun.

Né en 1782 à Dublin dans une famille protestante aisée, ordonné pasteur après des études à Trinity College, Charles R. Maturin, marié à la chanteuse Henrietta Kingsbury, prend en charge, en 1803, la cure de ...

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