Chaque homme est une île

Chaque homme est une île

Durant son dernier séminaire, Derrida a interrogé les souverainetés de l'État-nation et du sujet, selon lui pareillement garanties par Dieu. Il en cherche une forme alternative, notamment chez Heidegger.

À l'examen des divers motifs qui ont été les points de départ des séminaires de Jacques Derrida à partir des années 1990, on ne peut manquer d'être frappé par leurs portées politiques : qu'il s'agisse du témoignage, de l'hospitalité, du pardon ou de la peine de mort, toutes ces problématiques trouvent un écho capital dans le monde contemporain. Il en va de même pour la souveraineté de l'État-nation ou celle du sujet. Le dernier séminaire, intitulé La Bête et le Souverain et tenu en 2001-2002 et 2002-2003, fut en effet consacré à cette grande et grave question politique.

Durant la première année, Jacques Derrida a étudié, entre autres, le concept de souveraineté comme institution théologico-politique. La politique moderne, telle que Hobbes la conçoit dans son Léviathan, est d'abord une institution strictement humaine fondée sur un contrat qui ne peut être conclu qu'entre les hommes. Il est impossible, estime-t-il, de signer un contrat tant avec les animaux qu'avec Dieu. Dès lo ...

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Grand entretien

Claire Marin © HANNAH ASSOULINE/Ed. de l'Observatoire

Claire Marin
Auteure de Rupture(s) (éd. de l'Observatoire)

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