Chansons de gestes

Chansons de gestes

Le confinement et l'éloignement nous obligent à repenser notre gestuelle sociale. Entretien avec une anthropologue.

Il suffit de descendre dans la rue pour constater que notre lexique gestuel y a perdu son latin. Dans ce que chacun désigne à présent comme « l'avant », le citadin s'insérait dans ses trajets quotidiens, en prêtant une attention flottante aux signaux émis par la multitude d'individus croisés. Signaux faibles : un nombre exponentiel d'humains traverse l'espace public en neutralisant ses effets, yeux et oreilles confinés dans son doudou smartphone. Dans les rues désertées, chaque passant croisé est porteur potentiel d'un danger mortel, et la crainte qu'il nous inspire est le miroir de celle que nous lui inspirons.

Tels sont désormais les termes du contrat social. Il faut donc s'initier à une chorégraphie nouvelle, celle des « gestes barrières » de la « distanciation sociale ». Mais cette distance est consubstantielle aux genres animal et humain. Les anthropologues les définissent ainsi : un échange de signes indispensable pour éviter une confrontation violente et destructrice ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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