Chambres de Proust d'Olivier Wickers*

Chambres de Proust d'Olivier Wickers*

On l'apprendra dès la première phrase désormais si fameuse du roman. Le narrateur, dont Proust précise si souvent dans sa correspondance qu'« il n'est pas toujours moi », qu'il devait bien l'être quelquefois, ne se servira jamais de sa chambre que pour « se » coucher. La forme réflexive du « Longtemps, je me suis couché de bonne heure » tourne au solipsisme. On « se » couche, seul et tout seul, quand maman n'est plus là pour cela, pour rabattre les draps qu'elle repliait autrefois sur vous, ainsi qu'on tournerait une lourde page afin d'être bien sûr qu'une fois le lit refermé comme un livre, vous ne découcherez plus.

On le sait par tant de confidences, ou encore mieux par l'absurde (l'absence de telles confidences de la part des principaux intéressés qui ne se fussent pas privés de le raconter), Marcel Proust durant ses années de réclusion ne couchait pas du tout, ni avec des hommes, ni avec des femmes, ni avec personne. La phrase que le narrateur, enfant, n'avait pas eu le c ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

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