Ceux dont la guerre est le métier

Ceux dont la guerre est le métier

Dans Comment je vois le monde , Albert Einstein, comptant sur «le bon sens des peuples», écrit qu'un jour «la guerre nous apparaîtra comme une erreur incompréhensible de nos ancêtres».

Vision d'un bel optimisme dénonçant l'absurdité de ce que, sans craindre l'euphémisme, les dictionnaires définissent dans un style de rubrique sportive «épreuve de force entre peuples ou des partis d'un même pays». Cette épreuve, qui se conclut par une addition de cadavres, il en est pour l'aimer. On ne manque pas de zélotes attribuant à la guerre des vertus curatives, et ils sont plus soucieux de nous guérir de nos faiblesses morales que des douleurs que cette curieuse thérapie provoque. Mais il est rare que ceux qui la préconisent se l'appliquent. Pour un Péguy mourant sur le champ de bataille, combien de bellicistes en chambre et en refrains, de va-t'en guerre moi je reste ici ! «Je trouve la guerre haïssable, écrit Romain Rolland, mais bien plus ceux qui la chantent sans la faire.» Attentifs à régénérer la société, les chantres de la guerre se rejoignent dans une communion de pensée. Délivrant l'humanité de ses mauvais instincts, elle est un bienfait, une purge nécessaire afin q ...

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Ceux qui restent, Benoît Coquard, La Découverte, 280 p., 19 €.

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