CET OBSCUR OBJET DU DÉSIR

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tel un jazzman, Blutch - Christian Hincker pour l'état civil - procède par déclinaisons, improvisations et folles embardées. Le travail de ses maîtres (de Hergé à Balthus, de Degas à Ungerer), il le prolonge, le déforme et l'emmène ailleurs. Dernièrement, avec son frangin au scénario, il a revisité Tif et Tondu, une série belge née dans les années 1930, pour en offrir une interprétation qui parvient à être joueuse sans être ironique.

Dans Variations (2017), album qui le voit littéralement « reprendre » Morris, Franquin, Pétillon et d'autres, la déférence s'assume en trahison, et inversement. L'objet de la quête ? Rien moins que l'essence atemporelle du neuvième art. Noble objectif ; Blutch se love dans l'impossible. Ce virtuose, on lui sait presque gré, n'a jamais connu le succès de ses contemporains - Sfar, Larcenet et consorts -, avec lesquels il n'a, au fond, que peu à voir. C'est un outlaw, un poète sombre capable de fulgurances réjouis ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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