C'est un bassin extraordinaire

C'est un bassin extraordinaire

Peignant et repeignant les reflets de la mare de son jardin, Monet fait monter les ferments de la peinture abstraite. La preuve en images à l'Orangerie.

c'est un mythe qui rameute, à l'Orangerie, Américains, Japonais, tous les peuples de la planète, pour voir la fameuse salle circulaire, les cycles des Nymphéas. Le monstre bleu, fluide et son cosmos de reflets. Quand je vais à l'Orangerie, je regarde, bien sûr, les tableaux, mais surtout les spectateurs qui baignent dans le lac immense. Stupeur, longue contemplation, méditation quasi religieuse. Ah ! si le père Monet voyait ça ! Le lutteur acharné. Aurait-il imaginé pareil culte, pareille foule engloutie dans son arche bleuie ?

L'élaboration des Nymphéas s'étend sur une trentaine d'années. Monet achète Giverny au moment où il peint la série des Cathédrales, en 1893. Il fait une visite au Jardin des Plantes, acquiert quelques oignons de fleurs. C'est le germe de sa grande folie. Au départ, il ne peint que deux ou trois fleurs blanches, spectrales, auréolées de feuilles rondes et vertes. Il a fait aménager son jardin et a obtenu de la préfect ...

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Grand entretien

Claire Marin © HANNAH ASSOULINE/Ed. de l'Observatoire

Claire Marin
Auteure de Rupture(s) (éd. de l'Observatoire)

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