Sade : c'est bon pour l'amoral

Sade : c'est bon pour l'amoral

Le changement de paradigme autour de la « libération sexuelle » ravive le débat entre contempteurs et admirateurs de l'oeuvre du divin marquis.

Pourquoi le XXe siècle a-t-il pris Sade au sérieux ? C'était le titre d'une solide étude parue il y a quelques années (2011) : Éric Marty cherchait à comprendre pourquoi, dans la France de la seconde moitié du XXe siècle, les plus grandes figures littéraires et philosophiques (Bataille, Blanchot, Barthes, Deleuze...) s'étaient un jour ou l'autre confrontées à l'oeuvre du marquis. Au XIXe siècle, ses textes, interdits, se diffusaient sous le manteau, si bien que Sade est devenu à sa manière un auteur culte, dont on retrouve l'influence chez beaucoup d'écrivains (lire ci-contre). De ce point de vue, Sade était déjà central, mais en tant que curiosité gothique, libertin audacieux, provocateur bêtement réprimé par les bonnes âmes puritaines. Il n'est donc pas certain qu'on l'ait lu comme le philosophe qu'il était aussi.

Une machine expérimentale

Après la Seconde Guerre mondiale, l'oeuvre de Sade, enfin intégralement publiée dans les années 1960 (grâce ...

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À lire :Divers, Pierre Guyotat, éd. Les Belles lettres, 496 p., 27 E.