CELUI QU'ON NE NOMME PAS

CELUI QU'ON NE NOMME PAS

imaginons un écrivain condamné à mort pour ses écrits. Imaginons que depuis trente ans sa tête soit mise à prix trois millions de dollars. Imaginons que ce romancier ait perdu sa liberté pour défendre la nôtre, celle de penser et celle d'écrire ses pensées, celle de croire ou de ne pas croire, celle de ne plus croire après avoir cru.

Imaginons que de la plume de cet auteur coule une belle encre, bien épaisse, onctueuse, aux couleurs du réalisme magique. Imaginons que ses versets soient de petits lutins dansants, narguant l'obscurantisme satanique, qu'il ait refusé l'enfermement dans les cases littéraires comme dans celles de ses identités multiples, se promenant de la science-fiction à l'autobiographie, des contes pour enfants aux essais, des scénarios aux recueils de nouvelles. Imaginons que le plus fou, le plus poétique de ses romans vienne de paraître ; et que, pour ne rien gâcher, cet artiste maudit soit drôle, pétillant et désespéré.

Imaginons que sa gu ...

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« La Filiale »,Sergueï Dovlatov, traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs (éd. La Baconnière)

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