Celui qui n'en pense pas moins

Celui qui n'en pense pas moins

Le Prix Nobel 2013 est « celui qui ne parle pas », si l'on en croit son pseudonyme - et l'on a pu lui reprocher de ne pas frontalement interpeller les autorités de son pays. C'est oublier sa verve intarissable, charriant des figures grotesques ou bouffonnes, en elles-mêmes subversives.

Mo Yan a-t-il jamais écrit sur autre chose que sur lui-même, et jamais confié à ses personnages bavards et gloutons autre chose que le soin de freiner la course du temps en racontant à sa place (son pseudonyme, Mo Yan, signifie « celui qui ne parle pas »), et à peine modifiées, des fictions nourries de sa propre jeunesse ? Dans la postface de son roman Quarante et un coups de canon, il indique que « le but est de raconter, la narration est le thème principal, la narration est la pensée du livre. [...] Si l'on doit absolument définir l'intrigue de ce roman, c'est précisément l'histoire d'un enfant qui raconte une histoire de manière intarissable ». Ce faisant, Mo Yan invalide par avance toute interprétation politique ou théorique de ses romans : la mécanique de la narration en est la seule justification.

Le García Márquez de Pékin ?

On a pourtant beaucoup parlé de politique lors de l'obtention du Nobel : Mo Yan est membre du PC chinois et vic ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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