Celan, la vie d'une voix

Celan, la vie d'une voix

Theodor W. Adorno pensait qu'après Auschwitz il n'était plus possible d'écrire des poèmes. Cette hypothèse hâtive a été démentie, ô combien ! par l'oeuvre de Paul Celan. C'est peu dire que les poèmes âpres et denses de ce survivant de l'extermination, né dans la Bucovine roumaine du début des années 1920, ont fait mentir les prédictions les plus pessimistes sur l'extinction irréversible du lyrisme poétique. Comme le montre Alexis Nouss dans cette biographie qui tient aussi de l'exercice d'admiration, l'auteur de l'Entretien dans la montagne, en puisant dans le vertige de l'« anéantissement absolu », a réussi à révolutionner la création poétique. Aussi nous lègue-t-il une autre interrogation : comment lire des poèmes après Auschwitz ? Les enseignements de la folie nazie se révèlent inséparables du contexte d'émergence de la poésie de Paul Celan. Celui qui écrivit, dans un célèbre poème, que « la mort est un maître d'Allemagne » n'a guère tardé à comprendre que la Shoah ne pouvait êtr ...

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