Catharsis basque

Catharsis basque

Patria narre, à hauteur d'hommes, les fractures nées de la lutte armée d'ETA au coeur d'un village, et dénonce l'imaginaire romantique lié au terrorisme.

Tout à coup, un livre a rompu le silence d'une nation... Impossible, vu de Paris, de se représenter la révolution littéraire et collective déclenchée l'an dernier en Espagne par Patria, de Fernando Aramburu. Un roman où sont jetés noir sur blanc, dans une prose torrentielle, tous les non-dits qui entourent l'histoire récente du Pays basque et de l'ETA. Un roman qui raconte les assassins et les victimes, leurs enfants et leurs conjoints, qui se connaissent tous. Cela parle de deuil interdit et d'amitiés brisées, de fiertés criminelles et d'amours avortés. Un roman sombre, et pourtant : 390 000 exemplaires vendus en Espagne. Une ovation de la critique. À croire que l'Espagne attendait qu'on lui offre cette catharsis.

Dans sa forme, Patria ressemble aux premiers Vargas Llosa - le grand romancier péruvien a d'ailleurs adoré le roman. Une structure qui mêle passé et présent au gré des nécessités de l'intrigue - ce qui est justifié car ici chacun vit avec ses sou ...

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