Céline, l'impossible rencontre

Céline, l'impossible rencontre

Un film tentant d'attraper l'animal Céline confirme combien saisir le corps de l'écrivain demeure une gageure pour le cinéma.

Faux problème que les grands livres « inadaptables », il n'y a que des gardiens du temple trop sourcilleux et des visiteurs trop timorés : un livre réellement inadaptable serait aussi illisible, tant tout texte est différemment adapté par chacun de ses lecteurs. Ce qui est en revanche souvent infilmable, c'est l'écrivain lui-même. Que saisir ? L'auteur légendaire, le Grantécrivain ? On en restera à de la propagande ou à de l'hagiographie. L'être social qu'on appelle « l'écrivain » ? On n'attrapera, le plus souvent, qu'une ombre ou un bouffon. La fabrique même du texte, les fièvres exaltées ou laborieuses du scripteur ? Là, on se retrouve dans la microscopie, la physique quantique, et il sera difficile de s'y connecter sans tomber dans l'imagerie pieuse du bureau, du papier froissé, du crâne entre les mains.

À vouloir filmer l'écrivain, on s'expose à un grand écart entre la bête de foire et le vide intersidéral, le livre d'images et l'écran noir. L'écrivain n'est pas un animal ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

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