Céline, d'une guerre l'autre

Céline, d'une guerre l'autre

Des premières marches harrassantes de la guerre de 14-18, qu'il évoqua dans « Voyage au bout de la nuit », à la menace du conflit nucléaire qui hante ses derniers livres, Céline a trouvé dans la guerre l'un des thèmes de prédilection.

Au moment où la Première Guerre mondiale éclate, Louis Destouches, futur Céline, est incorporé au 12e Régiment de Cuirassiers depuis deux ans, et depuis mai 1914 il possède le grade de Maréchal des logis. C'est assez dire qu'il est apprêté au combat, puisque d'ordinaire la vie militaire sert à préparer la guerre. Durant les deux premiers mois, dans une guerre de mouvement, les cavaliers parcourent près de deux mille kilomètres, dans des conditions harassantes « un mois de sommeil sur chaque paupière » et éprouvantes, l'infanterie cédant à la panique et tirant sur les troupes amies. Ce que Céline a restitué dans plusieurs pages de Voyage au bout de la nuit : « chaque mètre d'ombre devant nous était une promesse nouvelle d'en finir et de crever, mais de quelle façon ? Il n'y avait guère d'imprévu dans cette histoire que l'uniforme de l'exécutant. Serait-ce un d'ici ? Ou bien un d'en face ? » Son régiment de cavalerie lourde étant considéré comme une unité d'élite à préserver, le M ...

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