BUTLER ET LE COMPLEXE D'ANTIGONE

BUTLER ET LE COMPLEXE D'ANTIGONE

Que serait-il arrivé si la psychanalyse avait fait d'Antigone plutôt que d'Œdipe sa figure centrale ? Cette question, posée en 1984 par George Steiner dans Les Antigones, la philosophe américaine Judith Butler la réactualise dans un essai paru en 2000, Antigone : la parenté entre vie et mort (1). Hegel faisait d'Antigone la garante des lois de la parenté face à l'universalité de la raison d'État. Selon ce paradigme, la parenté est « la sphère qui conditionne la politique, sans jamais y entrer ». Faux, dit Judith Butler : Antigone n'est pas pré-politique ; elle est absolument politique et sait user d'un langage qui est celui de l'autorité. Lacan, quant à lui, voyait en Antigone la figure du pur désir de mort réalisé dans le suicide. La philosophe américaine renverse habilement la question en se demandant quelles auraient été les « conditions d'intelligibilité qui auraient rendu sa vie effectivement possible ». Ce qui, du même coup, lui per ...

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Éric Vuillard

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« La Guerre des pauvres est une guerre qui n'est pas terminée. »