Burke, d'un noir miroitant

Burke, d'un noir miroitant

À 79 ans, James Lee Burke fait reprendre du service à son shérif fétiche, le Louisianais Dave Robicheaux. Un polar dont la dynamo, parfaitement huilée, laisse jaillir des éclairs de pure poésie.

Le noir, ce n'est pas ce qu'on croit. D'abord, ce n'est pas l'absence de lumière. Comme Pierre Soulages peint, l'Américain James Lee Burke écrit en nuances et relief des romans qui s'attachent au contraire à révéler sa présence. Le titre de sa dernière traduction en français est en cela très littéral : Lumière du monde. « Votre sourire, c'est la lumière du monde », dit un homme à une femme vers le milieu du volume, et il n'y a là aucun cynisme, ni du côté des personnages ni de celui de l'auteur. Ses polars rendent compte de la beauté des visages et des décors. À la lisière du nature writing, l'oeuvre de Burke s'est épanouie dans les paysages de la Louisiane (où il a grandi), auxquels sont venus s'ajouter ceux du Montana (où il réside aujourd'hui une partie du temps). D'un point d'ancrage à l'autre, il fait sentir les bayous ou respirer à pleins poumons les pins, cèdres, falaises, rivières. Son monde n'est pas que celui de la nuit.

Le noir, ce n'est pas non p ...

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Éric Vuillard

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