Bulles des eighties

Bulles des eighties

Mathilde introduit un étudiant fauché dans la banlieue parisienne chic des années quatre-vingt et ses fêtes. Comme toujours chez Dominique Fabre, il en résulte de délicats instantanés nostalgiques et une incomparable géographie des lisières.

J'ai connu un type qui buvait beaucoup et moi, je l'accompagnais. » Une phrase, une seule, et nous voilà déjà chez Dominique Fabre. Voici le zigue, voici le zinc, voici le « je » : la silhouette un peu bancale d'un marginal des Grands Boulevards, le petit bar populaire des lisières parisiennes et ce narrateur, toujours plus ou moins le même, qui observe, épaule et « accompagne ». Orphelin semé « aux quatre vents » depuis sa naissance, le voici déjà devenu, à 23 ans, ce bon diable solitaire et sédentaire auquel on demande d'arroser les plantes. Bachelier échoué à la fac de Nanterre, abonné aux boîtes d'intérim et aux chambres de bonne où l'on se lave « en pièces détachées », il vaque à ses « toutes petites affaires » dans le Paris morose et l'hiver glacial des années 1980 : apprendre par coeur les noms des monuments aux morts, rendre service au premier claquement de doigts et attendre, attendre, attendre. Que le thé infuse et que les jours s'usent, puisque, après tout, personne ne l' ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard