Bruno Latour France, 1947

Bruno Latour France, 1947

Le penseur français vivant le plus lu dans le monde en appelle à une refonte des principes de notre modernité.

l y a encore quinze ans, Bruno Latour était quasi inconnu chez nous. L'agence canadienne de bibliométrie Thomson-Reuters le désignait pourtant déjà comme l'auteur en sciences sociales français vivant le plus cité dans le monde. Ce décalage a généré un biais dans sa réception. On l'amalgame aujourd'hui, du fait qu'il a repris dans ses derniers livres la célèbre « hypothèse Gaïa » de James Lovelock, à la notion d'« anthropocène », soit à l'idée qu'avec l'industrialisation explosive de la planète, la nature se distinguant de plus en plus difficilement de nos créations, nous avons basculé dans une ère géologique hybride, indissociablement humaine et « non humaine ». Il ne saurait dès lors plus être question, selon lui, de tenter de restaurer une nature qui n'existe plus, mais de bâtir une « maison commune » articulant entre elles les entités présentes sur Terre, les humains (nous) et les non-humains. D'où son idée d'un « parlement des choses » où les hommes, leurs artefacts, la faune, l ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article