Bouvard et Pécuchet

Bouvard et Pécuchet

Flaubert se moque des deux compères copistes mais les admire aussi, les envie : géants de l'amour vrai, ils forment le couple le plus tendre du monde.

En 1832, à 11 ans, Flaubert fait confectionner un cachet sur lequel est inscrit : Gustave Flaubert/Ernest Chevalier/Individus qui jamais ne se sépareront. Avec Ernest il entend bien construire une oeuvre : « Si tu veux nous associers pour écrire moi, j'écrirait des comédie et toi tu écriras tes rèves, et comme il y a une dame qui vient chez papa et qui nous contes toujours de bêtises, je les écrirait 1. » Quand il écrit cette lettre, il a 9 ans, et le programme est lancé : vivre avec l'ami, travailler avec l'ami, sur leur sujet préféré : la bêtise. Car la bêtise, déjà, le rend fou de joie et d'excitation. Le censeur du collège est-il surpris au bordel ? À Ernest encore : « [...] je me récrie, je ris, je bois, je chante, Ah Ah Ah Ah Ah Ah [...], je me roule par terre [...] 2 » on dirait du Rimbaud. Plus tard, avec Maxime Du Camp, en Égypte, ils passent des journées entières à se parler comme deux vieux imbéciles suffisants, riant à s'en éclater la rate. Hélas ! le projet de s'associe ...

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À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé