Bleu, blanc, noir

Bleu, blanc, noir

Une famille se déchire, entre Marseille et Algérie perdue. Trois voix s'entrecroisent, trois visions.

En juin 1944 débute la libération de la France. En 1950, un cargo disparaît en Méditerranée. En 1962, l'Algérie acquiert son indépendance. Les faits et les dates composent une réalité indéniable qui réduit à une seule version les impressions multiples de ceux qu'elle éprouve. Or « les choses comme elles sont ne disent pas tout ». S'ils charpentent l'intrigue, les évènements historiques mentionnés se racontent aussi autrement. La narration, avec la cité phocéenne en toile de fond, effectue des allers-retours d'une voix à l'autre : celle d'une enfant qui grandit et observe de moins en moins naïvement son environnement, et celle de chacun de ses parents, tous deux pieds-noirs, qui se déchirent jusqu'à la haine. Exit l'ineffable, tout se dit à coups d'inventions de la langue en autant de formules martelées et patchworks de mots, pour composer ce récit de la déliquescence d'une famille au fond zolien.

On lit ici le goût de la forme théâtrale chez une auteur qui, en mani ...

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Grand entretien

Claire Marin © HANNAH ASSOULINE/Ed. de l'Observatoire

Claire Marin
Auteure de Rupture(s) (éd. de l'Observatoire)

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