Big Brother is saving you

Big Brother is saving you

imaginez une ville condamnée à l'autodafé. Partout, des cendres de calligraphies, des pages brûlées pour avoir contredit l'équation divine crachée des haut-parleurs par un Big Brother en turban noir. Et pourtant, ironie du destin, sous le voile sombre de Mossoul, « occupée » pendant trois ans par Daech, 1984 a discrètement échappé au brasier. Camouflé sous des couvertures ou enterré au fond des jardins, le roman de George Orwell, déjà banni sous Saddam Hussein, a maintenu en vie bien des habitants. Ils l'ont lu et relu en catimini, « parce que, justement, l'ouvrage nous ressemble », me glisse Hussam el-Din, ancien bouquiniste. En ce mois de novembre 2017, je lui rends visite à Mossoul-Est. De l'autre côté du Tigre, dans la partie occidentale de la ville, où se sont livrés les derniers combats au début de l'été, sa librairie n'est plus qu'un tas de ruines. Engloutie par les flammes avec des milliers de romans, manuels politiques et recueils de poésie accusés par le ...

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« La Filiale »,Sergueï Dovlatov, traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs (éd. La Baconnière)

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