BIENVENUE AU CLUB

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Dans cet anglais si charmant dont il aimait épicer ses écrits, Stendhal résumait ainsi son projet : « To the happy few. » La formule apparaît dans Histoire de la peinture en Italie, ponctue chacun des deux volumes de Le Rouge et le Noir et revient encore à la fin de La Chartreuse de Parme. Au fil de son oeuvre, Stendhal persiste et signe. Il n'écrit que pour « l'heureux petit nombre », un quarteron d'âmes sensibles sans doute égarées du côté de sa chère Italie. Loin de Grenoble, en tout cas, qu'il exècre pour ses médiocrités petites-bourgeoises, loin des « cabinets littéraires pour femmes de chambre », loin de son siècle. Stendhal néglige le présent pour mieux s'ancrer dans la postérité. Il renonce à séduire ses contemporains en se détournant des moeurs de son temps comme des péripéties de l'actualité. A-t-on jamais vu un romancier fuyant le succès avec autant de talent et d'efficacité ? L'année de sa parution, De l'amour se vendit à dix-sept exemplaires et La Chartreuse n'eut droit ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard