Bernhard en toute hargne

Bernhard en toute hargne

Dans Des arbres à abattre, l'Autrichien faisait tonner l'esprit d'un convive durant un « dîner artistique ».Ce grand roman exaspéré est adapté sur scène. PARIS (20e) Du 16 mai au 15 juin

Ce style-là ne permet aucune attitude de surplomb. » Célie Pauthe, qui a travaillé avec Claude Duparfait à l'adaptation et à la mise en scène du roman de Thomas Bernhard, Des arbres à abattre, traduit justement l'immersion dans laquelle nous entraîne l'écrivain autrichien dès lors que nous acceptons de suivre la spirale infinie de sa phrase et la recharge infatigable de ses enchaînements. C'est que son écriture est, immédiatement et sans délai, selon les titres ou les sous-titres de ses livres, une perturbation, une extinction, un effondrement ou, comme ici, une irritation. Encore faut-il préciser que Erregung, en allemand, signifie à la fois émotion, agitation, excitation... Thomas Bernhard l'a dit dans un entretien : « On ne peut pas écrire ça calmement, comme de la prose classique, non, on s'assied et déjà on est excité par l'idée, et quand on commence à écrire, le style déjà vous excite. C'est écrit dans un style excité. ...

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Entretien

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