BERNARD LAHIRE

BERNARD LAHIRE

Bien sûr, je suis un très grand lecteur de polars. En tant que sociologue, je constate que le polar discerne mieux que les autres genres littéraires certains aspects sociaux. J'évoquais déjà cette idée dans mon livre L'Esprit sociologique (rééd. La Découverte/Poche). Georges Simenon, que j'aime beaucoup, est un des auteurs dont l'oeuvre fait le plus preuve d'acuité sociale et politique. D'ailleurs, la devise de Maigret n'est-elle pas « Comprendre mais pas juger » ? J'y vois une définition du polar, et aussi de la sociologie. Le genre du roman noir est souvent déconsidéré puisqu'il répond à des codes, c'est-à-dire qu'il est souvent construit en fonction des canons officiels. De là, cette idée, qui me semble fausse, que le polar serait le fruit d'une industrie plus que d'un procédé créatif.

Sociologue, il vient de publier Monde pluriel. Penser l'unité des sciences sociales (éd. du Seuil, « La Couleur des idées »).

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