Belphégor, une fièvre française

Belphégor, une fièvre française

On connaît le refrain : en matière de séries, l'Hexagone serait frileux et envasé dans un terne réalisme cartésien. Pour se convaincre que la malédiction n'a rien d'inéluctable, il suffit de se rappeler l'engouement irrationnel que provoqua dans la France gaulliste l'ange noir Belphégor.

1965, souvenez-vous, c'était un temps peu raisonnable : Courrèges inventait la minijupe, et Vatican II la messe en français, Malraux randonnait en Chine tandis qu'Esso « mettait un tigre dans votre moteur », Ben Barka disparaissait à Fontenay-le-Vicomte alors que les Rolling Stones chantaient « Satisfaction », on conduisait sans ceinture et on fumait en classe, une année de tous les dangers. Celle que choisit, justement, pour investir la lucarne télévisuelle ORTF (le 6 mars, un samedi soir), un haut spectre tout de nuit vêtu. Son nom : Belphégor. Au fil de quatre week-ends et soixante-dix minutes durant, la France gaullienne se laissa délicieusement paniquer et voluptueusement terroriser par une figure de cauchemar actionnée par un puppet master, un montreur d'ombres d'une belle efficacité : le réalisateur Claude Barma. Belphégor, plus qu'une série, s'imposa comme un soudain phénomène de société : on se harponnait dans les rues pour échanger paris et intuitions, un ...

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