BD : les bulles increvables

BD : les bulles increvables

Le Festival d'Angoulême demeure le rendez-vous privilégié d'un secteur éditorial résistant et fertile. Deux monstres sacrés sont à l'honneur cette année : Morris et le mangaka Katsuhiro Otomo, à l'origine de deux icônes du genre, Lucky Luke et Akira.

S'il est un auteur symbolique des contradictions du Festival d'Angoulême, c'est bien Morris (1923-2001). Pour une raison inexplicable, le créateur de Lucky Luke avait été, pendant près de vingt ans, maintenu à l'écart des grands prix. Il a fallu attendre la fin de 1992 pour que le festival l'honore, dix-huit ans après Franquin et quinze ans après Jijé, ses compagnons de route... Un oubli réparé grâce à la sollicitude de l'un de ses héritiers, Frank Margerin : « Quand j'ai reçu le grand prix d'Angoulême [en 1992], témoigne celui-ci, j'ai eu le sentiment d'avoir usurpé cet honneur. Je n'y étais pour rien, mais ce n'était pas logique que je reçoive ce prix avant Morris, qui était pour moi un des maîtres absolus et un très grand dessinateur... L'année suivante, j'ai demandé à ce que Morris reçoive un prix spécial... » Il reçut donc un « prix du 20e anniversaire », remis directement par le festival sans passer par le jury.

Pourquoi cet ostracisme ? Parce qu'il était belge ? Pas as ...

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