Banalité du mâle

Banalité du mâle

Une romancière explore l'univers intime d'un délinquant sexuel lambda et les obsessions qui tissent son rapport altéré au réel.

Nous avons tous croisé Martin John, mais seules certaines l'ont vu. Il est un fantassin de cette légion d'hommes d'apparence banale qui hantent tous les métros du monde et y commettent des agressions sexuelles. L'audace d'Anakana Schofield consiste à adopter son point de vue : rengaines lancinantes, chronologie confuse et mise en pages déroutante. À défaut de progresser vers la résolution d'une intrigue, le récit explore toujours plus en profondeur la psychologie du sujet Martin John.

L'homme ainsi révélé ne se réduit pas au délinquant, puisque son exhibitionnisme complète un écheveau d'obsessions illustrant un rapport altéré au réel. Il aime de faux souvenirs de Beyrouth, lire The Irish Times, l'Eurovision, ses rondes de veilleur de nuit et saisir l'attention de ses victimes. Il hait les mots commençant par p, nettoyer des couloirs et les innombrables Fouineurs censés le harceler, dont son locataire surnommé Conscience Chauve.

Si la romancière parvie ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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