Balcon sur rue

Balcon sur rue

Le prix Goncourt des Champs d'honneur évoque ses années de kiosquier parisien.

« Tout sauf le commerce », avait ordonné la mère de Jean Rouaud à ses enfants. Mais, comme le note l'écrivain lorsqu'il raconte comment il en est venu à tenir un kiosque à journaux entre 1983 et 1990 : « Visiblement, on rattrape ce qu'on fuit. » Et, inversement, ce qu'on rattrape fuit à son tour. C'est toute l'ambiguïté de l'évocation du passé à laquelle nous a habitués Jean Rouaud : dès Les Champs d'honneur, l'écrivain se tient à un carrefour où fouiller ses origines, tâche qui revient moins à faire revivre des morts qu'à tracer le contour de leur absence. La genèse et la disparition apparaissent dans son oeuvre comme des soeurs siamoises. Prolongeant cette archéologie d'une France d'antan, Kiosque profite du point de vue inestimable qu'offre ce « balcon sur rue », ce « théâtre de marionnettes », cette « chambre d'échos des controverses qui agitaient le pays ».

Le coup d'éclat des Champs d'honneur, qui offrirent au jeune romancier le prix Goncourt ...

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