AVATARS

AVATARS

Ici sans y être. Nulle part donc partout. Telle une ombre, un invité muet qui s'évertuerait à trouver porte close alors qu'il est déjà entré, Kafka s'incarne par l'absence et s'insinue par le doute. Nombreux, au fil du temps, sont ceux qui ont tenté de l'enlacer, de faire résonner son nom. Tous ont échoué, plus ou moins brillamment : autant brandir une cymbale orpheline. « Adapter » le Praguois, le pousser dans une cage, invoquer le « K » lèvres mi-closes, c'est, d'emblée, accepter la défaite. « Comment trouver plaisir au monde, à moins que ce ne soit une fuite ? » Ainsi Kafka, contraint et masqué, s'est-il lové au creux de la nuit sans sommeil, cette vaste cacophonie de sens que, faute de mieux, l'on s'évertue à appeler culture.

Sorti en 1962, Le Procès d'Orson Welles, film à la distribution prestigieuse (Anthony Perkins, Romy Schneider, Jeanne Moreau et Welles lui-même), a attiré en France près d'un million de spectateurs. S'il a ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article