Aux antipodes, une saga qui vole en éclats

Aux antipodes, une saga qui vole en éclats

Virtuose du vertige, la jeune Néo-Zélandaise Eleanor Catton entraîne ses lecteurs dans une intrigue labyrinthique, aux accents à la fois victoriens et postmodernes. Détenue par douze narrateurs eux-mêmes suspects, la vérité ne cesse de se déplacer, et pousse le genre romanesque jusqu'à ses dernières limites. Un tour de force.

À moins de 30 ans, la Néo-Zélandaise Eleanor Catton s'affirme comme une équilibriste prodige, une virtuose du vertige - récompensée en 2013 par le Booker Prize pour ces Luminaires qui paraissent aujourd'hui en français. Dans son premier roman, La Répétition (2008, chez Folio en 2013), Eleanor Catton faisait déjà miroiter le kaléidoscope des perceptions, passait le lecteur au tamis de consciences multiples en mettant en scène les réactions suscitées par la liaison entre un professeur de musique et l'une de ses élèves (les points de vue des deux amants étant relégués en lisière ou en arrière-plan du récit).

Dans Les Luminaires, elle passe encore une vitesse. Si la quête de vérité est une définition possible de la littérature, elle revêt ici les formes les plus labyrinthiques, se fait aussi ruée vers l'or. Ou plutôt un trafic d'or en l'occurrence : le divin métal, prétexte à tous les coups fourrés à un certain stade du récit, en est aussi l'allégorie. ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard