Au XVIIIe siècle, une fièvre contagieuse

Au XVIIIe siècle, une fièvre contagieuse

« Mais d'où leur vient cette fureur ? », s'interroge-t-on dans Les Bijoux indiscrets de Diderot. Le Siècle des lumières est aussi celui des tripots et des salles de jeux, inventant sans cesse de nouvelles toquades. Rousseau lui-même devient un temps « forcené des échecs ».

Les Persans voyageurs de Montesquieu l'ont bien observé : « Le jeu est très en usage en Europe : c'est un état que d'être joueur. Ce seul titre tient lieu de naissance, de bien, de probité », avant d'ajouter : « Les femmes y sont surtout très adonnées » (Lettres persanes, LVI). Chez Diderot, le sultan philosophe s'interroge : « Mais d'où leur vient cette fureur ? Comment peuvent-elles se résoudre à passer les nuits autour d'une table de pharaon, à trembler dans l'attente d'un as ou d'un sept ? Cette frénésie altère leur santé et leur beauté, quand elles en ont, sans compter les désordres où je suis sûr qu'elle les précipite » (Les Bijoux indiscrets, ch. XII, « Le jeu »). L'on sait que cette passion faillit ruiner Mme du Châtelet. Malgré la réprobation des moralistes, le jeu est pourtant une vraie mode qui peut tourner à la folie. On joue au trictrac, qui associe le hasard (les dés) et le calcul (le joueur dispose d'une certaine liberté pour faire avancer ses dames ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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