Au XIXe siècle, anatomies du joueur

Au XIXe siècle, anatomies du joueur

Jusqu'alors le joueur a été perçu comme un être hérétique et maléfique, puis un dilettante associé à l'oisiveté aristocratique. Nouveauté : il devient une figure pathologique, digne d'être plainte et surtout décrite, d'autant qu'elle résiste au rationalisme ambiant.

La représentation que se fait la société moderne du joueur d'argent, et surtout du joueur excessif, est plutôt morne et peu captivante. Le joueur excessif nous fait penser à un personnage honteux, de triste allure, détruit par une dépendance qu'il tente désespérément de maîtriser. Ce n'est pas pour rien si l'approche qui conçoit le jeu comme une pathologie est née - à partir des années 1960 aux États-Unis - d'une réflexion psychologique sur l'alcoolisme. Pourtant, ce lien établi entre les dépendances et le jeu de hasard victimisant ainsi le joueur excessif est assez récent. Tout le Moyen Âge ne voit dans le jeu excessif qu'un défi lancé à Dieu et une paresse criminelle évitant le travail et la modestie respectables. Le joueur est représenté comme un danger pour la société, et surtout pour la jeunesse, qu'il entraîne dans une vie de débauche.

De nombreux traités fustigent le jeu d'argent au point que nos connaissances des pratiques du jeu de hasard au Moyen Âge nous parviennen ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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