Au revers de l'irrationnel

Au revers de l'irrationnel

La réalité est comme amputée si on l'envisage depuis la seule rationalité, dont les multiples angles morts demeureront la grande affaire pasolinienne.

« La préhistoire aura sa revanche, elle nous humiliera avec sa terrible incompréhension triomphante », écrit Pasolini en 1963, dans un scénario non réalisé. Au début des années 1960, l'écrivain croit encore en l'utopie d'une réconciliation entre l'irrationnel et le rationnel, peut-être au sein du marxisme hétérodoxe : « Les marxistes confondent simplement l'irrationalité avec l'irrationalité "historique" du décadentisme. Ils ne tiennent pas compte de l'irrationalité catégorique de l'homme [...], laquelle évolue historiquement, adopte des comportements et des aspects différents selon la société dans laquelle l'individu agit. Il faudra que la pensée marxiste se décide à combler cette lacune dont découlent confusions et imbroglio (1). » Au sujet de L'Orestie d'Eschyle - qu'il était en train de traduire -, Pasolini évoquait la transformation des Érinyes, ces « forces déchaînées, archaïques, instinctives de la nature - qui survivent. Ce sont des déesses, elles s ...

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Éric Vuillard

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