Au péril des demoiselles

Au péril des demoiselles

Œuvre fondatrice, Le Château d'Otrante est dédié, par un sonnet, à lady Mary Coke. Walpole s'y interroge : le sort de la « douce vierge », Matilda, dont il narre la triste histoire - elle est poignardée par erreur par son père jaloux -, fera-t-il couler les larmes de la lectrice ? Dès ce moment-là, le roman gothique fait la part belle à des héroïnes persécutées. Elles s'appellent Sophie, Émilie, Adeline, Célestine ou, de manière plus improbable, Éthelinde, Ophelle ou Almérina. Jeunes orphelines d'excellente naissance ou dignes marquises, créatures innocentes, comme échappées des pages des fictions sentimentales qui faisaient les délices des âmes sensibles, elles sont enlevées à leur famille ou à leur bien-aimé à l'occasion d'une promenade à Tivoli ou lorsque, par un soir dont des éclairs seuls relèvent l'obscurité, leur carrosse est détourné.

À première vue, l'héroïne gothique est blanche, presque transparente, sage et tendre, promise à de terribles épreuves, jamais ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard