Au nom de toutes les femmes ?

Au nom de toutes les femmes ?

À se prétendre universel, le féminisme risque de passer sous silence le racisme, l'homophobie ou les inégalités sociales qui induisent de multiples conditions féminines.

En 1979, Adrienne Rich, féministe nord-américaine, essayiste, poétesse, lesbienne et juive - ainsi qu'elle se présente elle-même -, adresse une vive critique à ses contemporaines : elle considère que la pensée féministe se fourvoie dans une forme de « solipsisme blanc ». Par cette expression, elle désigne cette tendance « à penser, imaginer, et parler comme si la blanchité décrivait le monde (1) », en oubliant que les expériences vécues par « les femmes » ne sont pas seulement celles des femmes blanches hétérosexuelles et bourgeoises. Adrienne Rich cite ainsi la philosophie de Simone de Beauvoir et la façon dont elle a pu inaugurer, dans l'histoire des idées féministes, une certaine façon de penser l'oppression des femmes, ainsi que leur émancipation en se « libérant » de la féminité - et par conséquent de l'expérience vécue de la domination.

Cette pensée de la libération des femmes dans le silence du corps a empêché de penser la multiplicit ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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