Au miroir des villes mortes

Au miroir des villes mortes

Devant l'appétit insatiable de notre époque pour les fictions apocalyptiques, on pourrait dire, avec Fredric Jameson, qu'il semble aujourd'hui « plus facile d'imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme (1) ». Il est pourtant un lieu où les deux fins semblent se confondre : Detroit. Au début de leur magnifique ouvrage sur les ruines de la ville (2), les photographes Yves Marchand et Romain Meffre comparent la capitale déchue de l'empire automobile à une « Pompéi moderne » où tous les monuments du capitalisme industriel semblent saisis « dans un état de momification ». De fait, en regardant les images des innombrables gratte-ciel, usines, hôtels, salles de bal, cinémas ou écoles aujourd'hui à l'abandon, on ne peut s'empêcher de penser que la métropole autrefois florissante où Henry Ford inventa le travail à la chaîne est en réalité une ville morte, où nous observons, fascinés, l'image de notre propre fin. Les paysages post-apocalyptiques de De ...

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