Au-delà du structuralisme

Au-delà du structuralisme

A l'époque des sciences humaines triomphantes, Ricoeur a manifesté de profondes réticences envers la vague structuraliste. Mais ces critiques ne l'ont jamais conduit à faire l'économie du détour par ces mêmes sciences humaines.

Longtemps, Paul Ricoeur fut considéré comme marginal, voire un brin passéiste en raison de ses réticences envers la vague structuraliste : à l'époque des sciences humaines triomphantes, prôner le détour par une philosophie réflexive semblait démodé. Depuis, le lustre de la scientificité a pâli et les prestiges du structuralisme flamboyant se sont dissipés. La pensée de Ricoeur, elle, n'a pas pris une ride, et on relit avec le sentiment d'une grande prescience ses textes d'alors.

Mais il ne faudrait pas qu'à la disgrâce d'hier s'ajoutât aujourd'hui le malentendu : s'il y a une revanche de Ricoeur sur la morgue structuraliste, ce n'est pas d'abord celle d'une revanche du sujet, d'un retour de l'humanisme, d'un confort retrouvé de la conscience. Le discrédit que les structuralistes avaient attaché à l'intériorité était en effet ambigu. D'un côté une science des choses, qui montrait comment, langage, inconscient, mythes, arrangeaient leurs rapports internes selon des règles préci ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Grand entretien

Claire Marin © HANNAH ASSOULINE/Ed. de l'Observatoire

Claire Marin
Auteure de Rupture(s) (éd. de l'Observatoire)

S'abonner au magazine

S'abonner au magazine