Au coeur des ténèbres, survivre avec Proust

Au coeur des ténèbres, survivre avec Proust

Considéré juste après sa mort comme un esprit d'un autre temps, n'étant d'aucune aide face au fracas du XXe siècle, l'écrivain sera pourtant invoqué pour résister à l'horreur des camps - et la dire.

Proust est-il encore lu par les artistes et écrivains contemporains ? Dans un récent numéro de La NRF (1), Jean Rouaud demandait à une trentaine d'écrivains de nationalités et de langues diverses quelques pages sur le romancier qui représentait le mieux, selon eux, le XXe siècle. Les réponses faisaient apparaître en creux l'image de grands absents (Proust, Mann ou Joyce) et dessinaient un canon (Céline, Sebald, Kafka et Faulkner), témoin de cet « âge des extrêmes » décrit par Hobsbawm, et dont seule une littérature qui le relate semblerait à même de parler. Autrement dit, « le » romancier du XXe siècle ne saurait avoir méconnu la montée des fascismes, avoir échappé à une guerre ou ne pas en avoir été directement un témoin ou un acteur. La question mérite en tous les cas d'être posée : faut-il inscrire l'horreur ou l'inhumain au centre d'une oeuvre pour permettre au lecteur de saisir le siècle précédent et de se représenter l'innommable ?

Proust a connu la guerre. La ...

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