Au bout de l'enfer

Au bout de l'enfer

Nouvelle édition d'un texte admirable de l'écrivaine biélorusse, prix Nobel en 2015 : elle y enquête sur la guerre d'Afghanistan, le calvaire des conscrits et de leurs proches.

on éprouve, à la lecture des Cercueils de zinc, une sorte de « nausée nécessaire ». On aimerait arrêter ; on ne peut pas - de même que Svetlana Alexievitch (« je ne veux plus écrire sur la guerre ») est incapable de détourner le regard. Une certaine idée du siècle éc(r)oulé s'écrit ici en lettres de feu. « Modifié et amendé » à la faveur d'une publication en russe des oeuvres complètes de l'auteur, ce livre aussi insupportable que vital décrit par le menu le calvaire enduré par les soldats soviétiques envoyés en Afghanistan... et par leurs familles. Fidèle à ses habitudes, Svetlana questionne, recueille les pleurs, écoute la rage, retranscrit. La parole collective, imprégnée d'une poésie atroce et surréelle, s'élève en un choeur de souffrances diffractées. Le schéma est souvent le même : la naïveté, l'horreur, l'impossible après. Des mères veulent retenir « leur petit », on le leur rend dans des cercueils scellés. Parce qu'il n'y a plus rien à voir. Parce que ce qu ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Nos livres

« Une jolie fille comme ça », Alfred Hayes (Folio)

Disparition

Andrea Camilleri  © Associazione Amici di Piero Chiara

Andrea Camilleri
L'écrivain italien nous a quittés à l'âge de 93 ans

S'abonner au magazine

S'abonner au magazine