Mireille Havet, au bout de la nuit

Mireille Havet, au bout de la nuit

Homosexuelle et opiomane, amie de Cocteau et de Colette, la poète noctambule a laissé un journal trouble, témoignage unique sur un après-guerre joyeux et désespéré.

Petit astre fugace dans la galaxie des Années folles, l'écrivaine Mireille Havet reste peu connue du public, malgré la publication, depuis 2003, de son journal aux éditions Claire Paulhan ; malgré, aussi, l'attribution de son nom à une place dans le 11e arrondissement de Paris. Garçonne canaille et lesbienne assumée, elle fut aussi toxicomane, dépressive et suicidaire : un noeud de contradictions qui révèlent les dessous troubles d'une décennie moins optimiste qu'il n'y paraît. Elle était née en 1898 d'un père artiste peintre et d'une mère cultivée, qui rêvait de voir ses deux filles réussir dans les lettres ou les arts. Très jeune, Mireille fut louée pour son talent poétique, qui lui valut l'attention de Guillaume Apollinaire. Sa « petite poyétesse », comme il la surnommait affectueusement dans leur correspondance (publiée en 2000), donna ses premiers poèmes à sa revue Les Soirées de Paris. C'est Colette, rencontrée lors d'un dîner chez Hélène et Philippe Berthelot, qui en ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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