Au bonheur des scélérats

Au bonheur des scélérats

S'il est un trait du gothique anglais qui a durablement marqué la culture populaire de son sceau indélébile, c'est bien la figure du villain - c'est-à-dire le « méchant » machiavélique, le fourbe, le félon, le scélérat (1)...

Le scélérat était lui-même la cristallisation de plusieurs influences durables, dont au premier chef les tyrans sadiques sénéquiens, transformés en misanthropes élisabéthains (le plus pur spécimen étant le Iago shakespearien). De ce personnage érigé en figure quasi gnostique, nous trouvons une variation métaphysique dans le Satan miltonien, qui éclipse par son pathos rebelle la divinité despotique qui le condamne. À cela s'ajoute le persécuteur libertin de l'héroïne virginale du roman sentimental (qui ne cessera, jusqu'à nos jours, de croiser le gothique). Parée des charmes vénéneux d'une sexualité qui ne peut alors se dire explicitement, cette figure est incarnée par le Lovelace de Richardson, « homme fatal » qui orchestre un ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard