Attention, romans piégés

Attention, romans piégés

Enlevés et pleins d'humour, les romans de Boris Vian se lisent vite. Trop vite parfois pour qu'on perçoive leurs influences littéraires et surtout les méandres de l'univers fantasmatique d'un homme hanté par la mort, mariant volontiers Éros et nécrophilie.

aux quatre grands romans de Boris Vian - L'Écume des jours, L'Automne à Pékin, L'Herbe rouge, L'Arrache-coeur - il faudrait sans doute en ajouter un cinquième qui les sous-tend : sa vie. La mort, Boris Vian eut l'occasion de se familiariser avec ses caprices, d'abord par sa maladie cardiaque, très jeune, ensuite lors des disparitions brutales, inexpliquées de deux des hommes qui l'ont le plus influencé - son père disparu en 1944, et le Major [surnom de Jacques Loustalot, ami intime] en 1948. Cette présence de la mort lui donna un sens aigu de la précarité et ne fit que renforcer son goût pour le présent sous sa forme la plus irrémédiable : faut-il rappeler son amour du jazz ou sa volonté de plier l'écriture à l'improvisation en s'interdisant toute correction. C'est aussi la quête de la plus grande tension qui lui fit accepter des tournées au cours desquelles il fallait avaler 250 kilomètres par jour, plus des estivants qui n'étaient peut-être pas tout à fait dispos ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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